La taille est de 55 à 70 cm pour les femelles
et de 60 à 80 cm pour les mâles.
Les brebis sont de médiocres laitières
au point que le programme de sélection a choisi ce
critère comme premier objectif de
l'amélioration génétique.
En ce qui concerne la prolificité de la race,
il faut savoir que l'aptitude des mères à
avoir des jumeaux est faible. Les brebis mettent au monde
en moyenne 1,2 agneau par mise bas. Cependant dans des
conditions d'élevage plus favorables, en
particulier avec un régime alimentaire plus
adéquat, elles sont capables d'améliorer
leur performance.
En 1932 le syndicat du mérinos d'Arles
définissait ainsi lescaractères
physiologiques de la race mérinos d'Arles: "
Mouton résistant, vigoureux, bon marcheur,
absolument remarquable sur le point de vue de la
rusticité et de la sobriété". Sa
grande rusticité n'est pas une
légende et en fait une brebie remarquablement
adaptée à la transhumance.
Résistante, elle est capable de
marcher sur de longues distances pour trouver sa
nourriture, que ce soit en alpages, dans les collines et
sur les coussouls dont elle est la reine
incontestée. Cette brebis supporte assez bien la
fatigue liée au trajet en camion au retour
d'estive, à quelques jours de la
parturition (mise bas). Comme pour toutes
les races rustiques méditerranéennes, les
brebis Mérinos d'Arles sont aussi capables de
supporter des variations qualitatives et quantitatives de
leur ration quotidienne. C'est une brebis qui fait
l'accordéon en jouant sur la mobilisation
de ses réserves corporelles de gras à
certaines périodes de l'année, en
particulier entre la fin de l'hiver et la mi-avril. Ces
réserves se reconstituent ensuite au printemps
,où sera disponible la repousse fourragère,
et en début d'estive.
Il n'existe toutefois pratiquement plus de souche de
petites métisses en Crau. Depuis que
l'élevage s'est orienté vers la production
d'agneaux, les éleveurs ne font plus rustiquer
comme avant et ont amélioré le gabarit
global des animaux.
La finesse et l'étendue de la toison
mérinos représentent un barrage
naturel contre les agressions climatiques en montagne
mais aussi durant la saison d'hivernage en Crau: longues
stations sous la pluie à l'automne, coups de
mistral glacé en hiver et périodes de
canicules avant le départ en estive. Certains
éleveurs alpins ont ainsi actuellement tendance
à mériniser leur troupeau, voire à
remplacer leurs brebis de race Préalpes ou
Commune, par des Mérinos d'Arles afin de favoriser
la transhumance de leur cheptel ou une sortie en
pâturage plus précoce en fin d'hiver.
La qualité de la laine peut être
considèrée comme le baromètre
de l'état général du
troupeau. La résistance de la mèche
est en effet fonction de l'alimentation et de
l'état sanitaire des animaux. Son aptitude
à entrer en gestation pendant toutes les saisons
de l'année (dessaisonnement) est
largement utilisée dans les élevages.
Cette brebis possède aussi un instinct
grégaire prononcé qui facilite le
gardiennage traditionnel encore très
présent.
Le nombre d'animaux de race Mérinos d'Arles est
aujourd'hui estimé à 300 000 individus dont
près du 1/3 appartient à des
élevages cravens, berceau de la
race. Les programmes de sélection tournent d'abord
autour de la qualité maternelle des mères,
la valeur laitière mesurée en fonction de
la croissance des agneaux jusqu'au 30ème jour.
Cependant, l'amélioration de la conformation des
animaux et de la qualité de la laine sont toujours
à l'ordre du jour. Les programmes de recherches
scientifiques réalisés au domaine du Merle
visent à améliorer la
fécondité de la race par l'introduction
d'un gène majeur de prolificité
découvert en Australie en 1980 sur des
Mérinos Australiens.
Enfin, il faut savoir que la race Mérinos
d'Arles est idéale pour obtenir des agneaux
de croisement. Par exemple, à l'heure
actuelle, certains éleveurs croisent la race
Île de France avec des Mérinos d'Arles, ce
qui permet d'obtenir des bêtes de meilleur gabarit
destinées à la production de viande.