sélectionneurs: Ce niveau est
celui dans lequel est référencé
notre élevage. Il nous est imposé de tenir
un carnet d'agnelage, d'effectuer des pesées
et des contrôles de performances sur nos
agneaux, afin d'établir un
index (gain 10/30 et gain 30/70). Ce niveau
permet à l'éleveur de vendre aussi bien des
agneaux pour la boucherie que des bêtes pour
le renouvellement (femelles et béliers).
Toutes les années, mères, pères
et progénitures font l'objet d'une étroite
sélection, sélection basée sur les
différents critères de la race. Chaque
animal possède son propre index, sa
propre carte d'identité. Toutes les informations
concernant nos bêtes (dates de mise bas,
numéro de médaille de la mère et de
l'agneau, sexe, poids, caractères particuliers...)
sont enregistrées dans l'ordinateur. L'index type
(mâle et femelle), qui est défini en
fonction des objectifs de la
sélection, est élaboré
par l'UPRA.
La sélection commence bien avant la date de
mise bas. Nous faisons chaque année 3 lots de
femelles:
1. Un lot de lutte, qui est
constitué d'une cinquantaine de brebis. Sur ces
dernières, on place vers le 10 mai le
bélier possédant le meilleur index.
2. Un lot de brebis réservées pour
l'insémination artificielle. Si
cette méthode permet d'effectuer une
sélection plus pointue, le taux de réussite
n'est que de 50%. Ceci est la raison pour laquelle
seulement 50 brebis sont sélectionnées pour
l'insémination artificielle. Les semences
proviennent des mâles sélectionnés
par l'UPRA au sein des différents élevages
faisant partie de cette union. Les inséminations
sont effectuées vers le 19 mai, le lot de brebis
étant effectué bien avant la mise des
béliers dans le troupeau afin qu'elles soient
préparées à recevoir le
bélier (mise en place des éponges).
3. Enfin, le reste des femelles constitue le lot
de lutte naturelle. Sur ces brebis, on place les
autres béliers du troupeau. Les béliers
sont placés vers le 10 mai.
Si une sélection est effectuée sur les
méres (comme le montre la page
dédiée aux objectifs de la
sélection), une autre porte sur leur
progéniture. Ce n'est que comme cela que
l'éleveur arrivera à améliorer son
bétail et satisfaire ainsi sa clientèle.
C'est au sein des nouveaux nés issus de la mise
bas des mères constituant les lots de lutte et
d'insémination artificielle que nous allons
sélectionner les futurs mâles et
futures femelles. Cette sélection commence
dès leur naissance.
En ce qui concerne les mâles, dans
un premier temps 30 sont sélectionnés. Puis
au fur et à mesure de leur croissance, seuls les
10 jeunes béliers possédant les meilleurs
index sont gardés en vue de devenir de futurs
reproducteurs. Ces béliers partent à
la coopérative génétique du
sud-est, la COPAGO, qui
siège à Sisteron. Cette coopérative
rassemble les éleveurs classés à
l'UPRA, éleveurs qui créent et ceux qui
diffusent la génétique. Nos béliers
sélectionnés rentrent une nouvelle fois en
compétition avec les autres bêtes du centre
de sélection, bêtes qui ont elles aussi
été classées parmi le 10 meilleures
des autres élevages UPRA. Au total, 200
béliers entrent en compétition et seulement
les 10 premiers candidats pourront rentrer au
centre d'insémination. Un
bélier est sélectionné dans un
premier temps en fonction de la valeur laitière de
sa mère. Ce critère compte pour 50%. Les
50% restants comprennent:
Les notes du père.
C'est également en fonction du meilleur index
que nous sélectionnons les futures agnelles
en vue de renouveler notre troupeau. Parmi les
agnelles de mères et pères connus, les
180 à 200 premières (dites
agnelles classées) seront gardées en vue de
renouveler le troupeau. Cela nous implique de vendre
chaque année le même nombre de brebis
de réforme (vieille brebis). Parmi les
autres agnelles, une partie sera vendue en tant que
futures reproductrices et l'autre partie sera vendue pour
la boucherie. Le choix de ce classement définitif
sera arrêté après la prochaine
descente de montagne.
Agnelles et mâles de pères et
mères connus sont tatoués et
médaillés (Tip Tag puis
médailles) afin d'être
référencés dans le carnet d'agnelage
et suivis tout au long de leur croissance.
Les autres naissances sont consacrées à
la vente. Entre le 10 et 15 février, ces agneaux
sont sevrés et vont commencer à être
engraissés. Ces bêtes vont recevoir la
meilleure des nourritures de tout le troupeau. Comme chez
tous les éleveurs de notre région, notre
bétail est nourri avec une alimentation 100%
naturelle. Que ce soit dans les patûrages
de Crau (Crau humide et Crau sèche), ou bien sur
les alpages de nos montagnes, l'agneau Provençal
mange une herbe de qualité, saine et
protégée, que l'on pourrait qualifier de
biologique. Le fourrage avec lequel nous
nourrissons notre bétail est le foin de
Crau qui depuis le courant de l'année 1997
bénéficie d'une Appellation d'Origine
Contrôlée. Il s'agit du premier produit
alimentaire à destination non-humaine à
recevoir ainsi une AOC. En plus de leur importante ration
en herbe et foin de Crau (qui leur permet
de ruminer), ces agneaux reçoivent un
complément en céréales
(orge, maïs, soja et blé) ainsi que des
bouchons de luzerne
déshydratée, cela jusqu'au moment
de leur vente. On voit donc bien que l'agneau de Crau ne
peut produire, de par sa nourriture naturelle, qu'une
viande naturelle.