2. LA CRAU ET L'ELEVAGE.
La Crau est depuis toujours une terre
d'élevage. Une étude menée par
le service régional de l'archéologie vient de
révéler en effet l'existence
à l'époque
romaine, d'importantes structures communautaires
réunissant plusieurs bergeries. De plus des marques
d'enclos pour l'élevage datant de 3000 ans avant J-C
ont également été découvertes en
Crau. L'immense espace vide de la Crau gallo-romaine, de
même que la Camargue, fut donc une zone favorable
à l'essor d'un important élevage extensif. Les
moutons y étaient élevés pour leur
laine à partir de laquelle étaient
vraisemblablement fabriqués des tissus et des
draps.
A partir du 16ème siècle, la plaine aride
que représente la Crau fut mise en valeur par des
travaux d'irrigation d'une importance
considérable dont l'initiateur en fut
Adam de
Craponne. Adam de Craponne permit ainsi de
ramener l'eau de la Durance en Crau. Dans un premier temps
cette eau servit à alimenter les moulins à
blé de la plaine. Cependant, riche en limon fin
et fertile, elle permit ainsi l'installation de
prairies dans la partie nord grâce à
l'extension réalisée par les
frères Ravel dans les années
1670, du réseau du moulin d'Eyguières
jusqu'à Arles. Des dérivations construites au
fil des années permirent ensuite de desservir toute
la région. Cette production nouvelle s'établit
en harmonie avec l'élevage ovin car elle
répondait aux besoins nouveaux d'un élevage
cherchant à s'intensifier. Désormais
l'objectif devient de mettre en culture la totalité
de la plaine afin de convertir ce territoire désolant
par son aridité en un véritable jardin
de Provence.
On va donc distinguer deux types de Crau: Une Crau
humide qui correspond aux zones de prairies de
fauches introduites progressivement par l'arrivée de
l'irrigation (située plutôt au nord de la Crau)
et la Crau sèche qui elle est
constituée par la steppe aride d'origine. On constate
ainsi que si l'eau a permis le développement de la
culture fourragère et de ce fait de mieux nourrir les
troupeaux de Crau, ces derniers en échange vont
permettre de fumer les sols ce qui constitue le second
élément indispensable à la
prolifération de la culture fourragère.